Pour une politique participative de l’eau à Bruxelles Editorial

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Notre hypothèse initiale est complexe. Elle suppose une relation d’équivalence entre le fait que l’eau soit un bien commun et le fait que l’eau ait droit de cité dans la ville. La proposition que nous formulons ici est sans concession, elle poursuit l’établissement de cette hypothèse pas à pas.

Notre hypothèse est née du constat que la crise de la Station d’épuration Nord de l’hiver 2009-2010 n’était autre que le premier coup de boutoir d’une idéologie marchande frappant aux portes de la gestion de l’eau à Bruxelles. Nous y voyions à l’œuvre le processus concret de la marchandisation de l’eau.

En ce qui nous concerne, nous faisons le choix philosophique que l’eau bien commun est à prendre comme un fait, une évidence, et non pas comme une option idéologique. L’eau est un bien commun au même titre que l’air, la biodiversité, la langue, le savoir. L’eau constitue l’humain. Elle en est une de ses composantes vitales. Elle est essentielle pour la vie dans son ensemble. C’est un fait.

L’autre fait, indéniable celui-là, est que la ville a refoulé l’eau. La ville a perdu sa conscience de l’eau, renvoyant cette dernière dans un entrelacs de tuyauteries
enfouies, au point que parfois, même nos rivières sont mises en tubes et/ou servent à transporter nos eaux usées. Tout ne serait-il pas d’ailleurs dans cette image ?

C’est à partir de ce double point de départ, donc, et forts de notre hypothèse, que nous avons travaillé à construire notre position. Cette position s’est élaborée par du débat
et de la réflexion, mais aussi par de l’action et du travail sur les agencements humains. Pour le dire autrement, par du lien social.

Car en effet, si l’eau est un bien commun, si c’est une évidence philosophique, ce n’en est pas pour autant un fait social, économique et culturel approprié par tous. Le fait que l’eau soit un bien commun dans la réalité concrète des humains suppose quelques exigences. Ce sont ces exigences qui construisent notre position citoyenne et experte et qui sont à la base de la formulation de nos propositions. Si l’eau est un bien commun, alors cela suppose :
- de rendre à l’eau un territoire naturel en ville, d’y recréer les cycles de l’eau : l’approche par bassins versants ;
- de décentraliser les technologies de l’eau : l’approche par les Nouvelles rivières urbaines et le débat sur les choix technologiques ;
- de rendre impossible le fait qu’elle devienne un bien marchand : l’approche par le droit à l’eau et le ?nancement collectif ;
- de travailler l’eau comme patrimoine universel : l’approche transfrontière, l’action à l’échelle européenne et en faveur de la solidarité internationale ;
- de faire que l’eau soit vraiment gérée en commun : l’approche par la participation et l’usage social de l’eau ;
- de créer des institutions transparentes et collaboratrices, non segmentées : l’approche déconstructive/reconstructive

L’ensemble de cette approche propose un véritable redéploiement d’une économie plurielle, déconcentrant techniques et finances au bénéfice d’une relocalisation de la production de richesses et d’un développement plus endogène.

Au terme de cette boucle de pensée/action, il nous vient une intuition. C’est que la marchandisation de l’eau qui se fonde, certes, sur une forte pensée idéologique, s’étend pour beaucoup du fait de la segmentation multiple à toutes les échelles de gestion de ce bien, du plus local à l’international. L’opportunisme marchand venant s’insérer dans nos inaptitudes pragmatiques à construire collectivement la gestion de ce bien naturel.

Nous appelons donc à créer des alliances entre citoyens, représentants politiques et opérateurs de l’eau, entre la société civile et les administrations, entre les citoyens
eux-mêmes, entre quartiers, communes, bassins versants… pour répondre pragmatiquement à la conservation de l’eau comme bien commun, afin qu’elle soit gérée réellement comme un bien que nous avons en commun. Bruxelles a là un rôle à jouer comme vaste « laboratoire » de recherche en la matière.

Venez découvrir les Propositions pour une politique participative de l’eau à Bruxelles  :

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Le Comité de pilotage des EGEB :
Camille Herremans (Euracme), Emmanuel Petrella et Anna Poydenot (IERPE), Mathieu Sonck, Meriem Mcharek et Nicolas Prignot (IEB), Dominique Nalpas et Kevin De Bondt
(Plate-forme Eau Water Zone), Stanislava Belopitova (Habitat et Rénovation), Arnaud Bilande (Maelbeek dans tous ses Etats), Louis Motquin (pour le groupe de Lecture et Comité Potamoes), François Lebecq en Nicolas Vidicq

Les participants des Ateliers :
Alain Adriaens, Michel Bastin, Magali Da Cruz, Enguerrand David, Anne Decannière, Paul De Neyer, Michel Durant, Claire Eykerman, Françoise Galand, Marc Gilson, Anne Ghruber, David Kuborn, Andy Lahou, Christian Legros, Fabienne Lontie, Yannick Mercier, Anne Murs, Victor Ntacorigira, Riccardo Petrella, Arnaud Pinxteren, Esther Stark, Jean-Marie Thomas, Marie-Claire Van Cutsem, Robert Vanwassenhoven, Christelle Verhoeste

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Les Etats Généraux de l’Eau à Bruxelles (EGEB) sont une proposition de la société civile soutenue par la Ministre de l’Environnement, le Forum des EGEB est organisé en partenariat avec le Muséum des Sciences naturelles.
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