LE GRAND DEFI DU MOLENBEEK Projet pilote : vers un défi de contrat de vallée régional

LE GRAND DEFI DE LA VALLEE DU MOLENBEEK doit être vu comme une sorte de Mémorandum ou de plaidoyer politique élaboré par la plate-forme de recherche action Brusseau.

Le texte présenté-dessous dans cette page (voir aussi le PDF en cliquant sur l’image ci-dessous) a été envoyé à l’ensemble des parlementaires de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi qu’à tous les élus des communes de la vallée du Molenbeek , ainsi qu’à diverses administrations : (de l’amont vers l’aval) Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Jette, La Ville de Bruxelles (Laeken).

Nous espérons ainsi faire débat avec les pouvoirs publics et les habitant-es de cette vallée dans les mois à venir afin d’influencer les résultats de l’Etude hydraulique en cours.

Nous lancerons une campagne dès la rentrée de septembre 2025. Nous aurions besoin de soutiens.

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brusseau.lab@gmail.com

La vallée du Molenbeek offre un momentum particulier pour renforcer une gestion intégrée de l’eau de pluie (GIEP) à Bruxelles. Une étude hydraulique en cours, portée par Hydria et confiée à une équipe pluridisciplinaire d’urbanistes (Citytools), de paysagistes (Taktyk) et d’ingénieurs (Arcadis), doit définir plusieurs scénarios de modélisation de construction de bassin tampon (BT) pour réduire les inondations dans la vallée du Molenbeek et les surverses dans le canal ou la Senne. La faisabilité de cette étude va dépendre de la capacité de ce bassin versant à mettre en oeuvre une GIEP à l’échelle des volumes d’eau qui ne seront pas pris en charge par le bassin tampon et donc de porter une véritable stratégie territoriale de l’eau de pluie.

Mettons en place un programme d’action qui prenne en charge la mise à l’échelle de la GIEP (co-créative, élargie et paysagère) pour devenir une véritable pratique territoriale de la transition écologique et sociale en tant que projet-pilote régional.

Donnons-nous des objectifs chiffrés sur un terme de 6 ans, ce qui est plus ou moins la durée de la construction du bassin tampon, et plus pour aller encore plus loin. “Nous pouvons y arriver ensemble”, en touchant tous les acteurs concernés, de la petite parcelle individuelle au bassin versant (vallée) en passant par les voiries, les parcs et les parcelles de grandes superficies privées et publiques.

Rendons désirable socialement un tel programme, en expliquant, en rendant clair les enjeux, en facilitant les actions, en leur donnant une dynamique paysagère et rassembleuse.

Générons un consensus social et juste autour d’un scénario de haute intensité GIEP paysagère grâce au contexte de l’étude hydraulique de la vallée du Molenbeek.

ET SI ?

Et si la gestion de l’eau de pluie devenait le cœur et le levier d’une production urbaine pour la ville conviviale, résiliente et inventive dont nous avons besoin et envie ?

Et si la problématique des inondations devenait un moteur de solidarité, de justice sociale et spatiale et un point de départ pour améliorer le bien-être en ville et pour anticiper les catastrophes climatiques qui frappent déjà ici et ailleurs ? Et si renouer avec les cycles de l’eau en ville et mettre en relation les lieux, les humains et les autres vivants pouvait être un appui pour activer et accompagner de façon concrète la coordination et les alliances nécessaires à la transition écologique et sociale ?

Et si toutes ces dimensions pouvaient être portées par un nouvel outil de co-production territoriale qui serait un contrat de vallée ?

1. UN MOMENTUM pour le lancer

Profiter de la fenêtre prometteuse du contexte de la vallée du Molenbeek

- une étude pilote à Bruxelles qui pour la première fois croise gestion de l’eau de pluie classique et territoire dans une logique opérationnelle pour réduire les risques d’inondation dans la vallée et de pollution de la Senne et du canal. Sur base d’une série de critères (budget, risque,...), plusieurs scénarios de modélisation de dimensionnement du bassin tampon sont issus des opportunités parcellaires majoritairement publiques et du pourcentage de déconnexion de l’eau de pluie des égouts par la GIEP rendu possible par les projets prévus, probables et potentiels à long-terme (du moins ambitieux au plus ambitieux)

- une vallée pilote qui porte déjà des dynamiques de soutien à la GIEP à l’échelle citoyenne, communale, intercommunale et régionale (Comité d’Accompagnement du Molenbeek, études de Bruxelles Environnement, primes GIEP pour les particuliers à Jette et Bruxelles-Ville, actions de Brusseau et Brusseau Bis,...)

2. D’UN SCENARIO à un projet de Vallée

Faire de la gestion de l’eau de pluie un programme territorial pour rendre possible le scénario le plus ambitieux et aller plus loin

- De l’urgence du scénario haute intensité GIEP de l’étude à l’opportunité du chantier politique qu’il va nécessiter (budget, engagement, coordination,...) pour construire un nouveau cadre de la gestion de l’eau par le territoire, capable d’accélérer la prise en charge des enjeux environnementaux (surverses, infiltration, végétalisation) et sociaux (inondations, îlots de chaleur) et de porter une véritable dynamique de vallée urbaine grâce à de nouveaux communs paysagers

- D’une étude de dimensionnement d’un bassin tampon depuis le bassin versant à une stratégie GIEP par la vallée pour rendre possible la mise à l’échelle de la GIEP en innovant avec l’action collective et le travail du paysage face au contexte urbain d’un tissu bâti existant et sa mosaïque de parcelles, de gestionnaires et de propriétaires à convaincre, motiver, soutenir, coordonner et rassembler

3. UN DÉFI pour l’activer

Impulser une dynamique de projet sur tous les fronts face à l’impasse du projet urbain classique pour la GIEP

30 rues-jardins à créer (en s’inspirant des rues-jardins à Anvers)

250 jardins privés à accompagner dans la déconnexion de leurs eaux pluviales (500 dans 9 ans)

10km de voirie à désimperméabiliser (en s’inspirant du concours de désimperméabilisation en Flandres,...)

25 grandes parcelles privées et publiques à accompagner dans la déconnexion de leurs eaux pluviales (écoles, hôpitaux, immobilières de service public,...)

- donnons des formes joyeuses, désirables et collectives au défi (concours, jeux, fêtes, émulation, soutien) par une volonté politique

*chiffres issus d’une compilation d’études et d’analyses passées et en cours (Étude du potentiel de déconnexion des eaux pluviales BE, Aquatopia, Brusseau Bis)

4. UNE COORDINATION EN RESEAU pour y arriver

Mettre à l’échelle les savoirs-faire et dynamiques bruxelloises émergentes de l’accompagnement à la co-production territoriale

- encapaciter et démultiplier l’assistance à la GIEP pour les jardins privés, de la sensibilisation à l’accompagnement de la mise en oeuvre en passant par le soutien financier (primes, réseau personnes ressource et guide DIY par Brusseau Bis, GIEP dans les coeurs d’îlots par la co-création,...)

- soutenir et opérationnaliser des cadres de coordination solides et confortables pour tous les acteurs afin de mutualiser et accélérer la GIEP entre les parcelles et entre les programmes d’aménagement (charte intercommunale, carte des opportunités, assemblées locales inter-acteurs issues de Brusseau Bis, Labo-Vesdre,... )

- mobiliser, fédérer, accompagner les réseaux d’initiatives et rendre possible ce défi grâce au projet de paysage et une équipe pluridisciplinaire pour le porter (tels que le cadre de projet Brusseau Bis, les plans paysage en France,...)

5. UN MONTAGE pour le financer

Mener un débat fort pour repenser la dynamique financière de l’ensemble GIEP-bassin tampon

- en appelant à l’ingéniosité financière vers un montage permettant une véritable et indispensable mise à l’échelle de la GIEP dans un contexte de pénurie budgétaire malgré que la GIEP soit moins chère que le bassin tampon par m3 d’eau de pluie (par le coût de sa mise en oeuvre et les économies grâce à ses services écosystémiques rendus)

- en utilisant des moyens financiers équivalents au volume de bassin tampon non construit (redimensionné en fonction d’une GIEP mise à l’échelle) afin de faire levier pour générer une démarche conjointe inédite et coordonnée de tous les acteurs concernés par la GIEP (Région, commune, propriétaires et gestionnaires)

- en élargissant l’assiette financière de la GIEP par de nouveaux programmes et de nouveaux circuits financiers et juridiques à mettre en oeuvre (tels que des emprunts à la BEI, la redevance ou le renforcement régional de la GIEP par l’impôt plus que la redevance)

6. UN CADRE pour la Région

Transformer Bruxelles grâce aux contrats de vallée et la GIEP paysagère

- un dispositif d’aménagement du territoire coordonné à la manière des contrats de quartier mais ancré géographiquement à l’échelle de l’eau et de sa gestion pour une solidarité de bassin versant entre l’amont et l’aval et entre les hauts et les fonds de vallées

- un cadre pour dépasser les limites administratives de la région et soutenir des collaborations interrégionales et intercommunales pour étudier et intervenir sur l’amont et l’aval des bassins versants

- une stratégie reproductible de mise en projet régionale basée sur le calendrier des bassins tampons prévus ou à l’étude en RBC (Forest, Woluwe,...), l’état des lieux des vallées et sous-vallées bruxelloises et l’inventaire des mesures intégrant les GIEP déjà mises en œuvre en faveur des paysages de vallée (Geleytsbeek, Neerpede…)

7. UNE VISION pour fédérer au-delà

Acter la transition écologique et sociale grâce aux alliances permises par l’unité du bassin versant et la GIEP paysagère

- Du fait de la non-centralité et de la singularité inhérentes à la GIEP, sortir l’expérimentation du silo de la recherche pour l’intégrer dans les politiques publiques et communes

- Grâce à la solidarité de bassin versant, réunir enjeux environnementaux et justice sociale et spatiale en articulant la GIEP aux politiques inclusives de logement et d’équipement, de formation, de soutien à l’emploi et à l’économie sociale (AEEE)

- Face à l’écologie réglementaire souvent vécue comme punitive et individuelle, faire exister l’écologie depuis l’ancrage et l’appartenance géographique de nos lieux de vie pour retrouver du lien et des identités locales rassembleuses

- Imaginer un Landschapmeester (LMA) en RBC copiloté par les politiques environnementales, de l’eau, la nature, de l’aménagement urbain et de la recherche