Née de la rencontre des sciences citoyennes avec un certain activisme, disons, communautaire, cette plateforme tente d’inventer en amont des politiques publiques et afin de les influencer à de multiples échelles et multiples étapes de coproduction des manières de faire qui impliquent les personnes concernées par des problématiques liées à l’eau. Il peut s’agir de problématiques d’inondation Inondation À Bruxelles, où les sols ont été intensément imperméabilisés et où les eaux pluviales sont rejetées avec les eaux usées dans les canalisations souterraines, les inondations sont essentiellement liées aux débordements des égouts sous l’effet de l’afflux rapide d’une importante quantité d’eau de ruissellement. ou de sécheresse, d’îlots de chaleur, etc., partout où l’eau est un enjeu majeur qui se combine toujours à l’habitat et au paysage, au sensible donc.
La multiplicité des formes de co-production
Co-production doit être entendu ici de manière multiple, coproduction de savoirs tel le co-diagnostic de situations et la co-élaboration de propositions de solutions mais aussi le fait de favoriser la co-émergence de projets, la co-création, le co-design, voire jusqu’à la co-gestion, et même la co-élaboration de cahiers des charges pour des commandes publiques. Brusseau qui a commencé par la recherche-action avec ce que nous avons appelé les communautés hydrologiques a pu montrer que l’assemblage de savoirs d’habitant·e·s ou personnes concernées par des situations concrètes était d’un grand apport pour le science, et vice versa. Cette expérience s’est prolongée avec Brusseau Bis par la production d’outils technico-socio-environnementaux pour créer les conditions de co-production collectives avec ou sans les pouvoirs publics, comme des cartographies collaboratives, et autres outils de co-design, une carte des opportunités, etc.
Les pouvoirs publics nous disent ne pas être intéressés par la co-production. Nous le regrettons
Clairement cette seconde approche de la co-production avec les pouvoirs publics se fait plus difficilement. Ces derniers semblent ne pas être intéressés par de telles dynamiques. Nous le regrettons. C’est pourquoi, dans la continuité de Brusseau recherche action et Brusseau Bis expérimentation, le collectif décide de lancer une campagne plus politique adressée aux habitant·e·s de la vallée du Molenbeek et aux politiques régionaux et communaux en profitant de l’opportunité qu’est l’étude hydraulique Hydraulique Science appliquée ayant pour objet d’étude la caractérisation empirique des liquides et des fluides. de la vallée du Molenbeek. L’idée est que le temps est venu de faire monter à l’échelle la gestion intégrée de l’eau de pluie par une dynamique co-créative et paysagère. Une rencontre aura lieu à cet égard dans le cadre desJournées bruxelloises de l’eau de Bruxelles le 19 mars, qui s’intitule Le Grand Défi : appel à engagement dans la vallée du Molenbeek.
Soutenir scientifiquement ou techniquement l’action
Brusseau vient aussi en soutien de projets ou des actions dont elle n’est pas nécessairement la porteuse principale, par un apport de savoir scientifique ou technique ponctuel, mais essentiel dans certaines formes de revendications, de plaidoyers, ou tout simplement d’actions. Un bel exemple a été le soutien à la lettre que les habitant·e·s inondé·e·s de la rue Gray ont envoyé·e·s avec la plateforme Délier les fils de l’eau aux Opérateurs de l’eau, il y a déjà quatre ans.
A Ten Reuken, par exemple la necessité du bassin d’orage était mise en question vu la configuration de l’espace géographique
Mais ce soutien est aussi intervenu dans le cadre d’un avis rendu en commission de concertation à deux reprises (octobre 2022, mars 2023) pour le permis d’urbanisme du bassin d’orage Ten Reuken à Boitsfort. Pour Brusseau, cet outil n’est pas nécessaire vu la configuration du terrain de Boitsfort aux nombreux espaces libres permettant - c’est selon - infiltration Infiltration Représente la quantité d’eau pluviale qui percole par gravité dans un sol, naturel ou non. La capacité d’infiltration d’un sol, ou perméabilité, dépend de sa nature (porosité, composition) et de sa teneur originelle en eau. Ainsi, une surface bitumée sera qualifiée d’imperméable (infiltration faible) tandis qu’un sol sableux sera qualifié de très perméable (infiltration importante). ou débordements pouvant permettre la création de véritables communautés hydrologiques. Ou encore, Brusseau peut apporter sa caution scientifique et technique à des documents portés par des initiatives de collectifs. On pense ici au dossier “Agir sur les pentes de la vallée” coordonné par les EGEB mais réunissant le fruit du travail de Fairville et d’autres encore.
Comme on le voit, activisme transformateur et scientificité ou technicité s’entre-croisent dans des enchevêtrements documentaires et c’est pourquoi l’espace bleu de Brusseau se trouve si bien dans l’espace bleu-vert turquoise du site des EGEB. Il y a différence et continuité. Cela constitue en soi une expérience unique de co-production. A suivre.
