Le jardin partagé du Quartier Neptune
Disons-le d’emblée, l’état de ce quartier ne s’est pas amélioré du point de vue de ses voiries ni de son environnement depuis la présentation publique de ces projets il y a une douzaine d’années alors qu’ils avaient été reçus avec admiration par les responsables communaux et bruxellois [1].
Grandeur et pleurs des arbres de Neptune
Sans concertation avec les citoyens concernés (contrairement aux prévisions), environ un tiers des arbres de voirie du quartier ont été supprimés, sans être remplacés, laissant en place soit des socles détériorés et sauvagement végétalisés (repérés par d’aucuns comme des crottoirs pour chiens), soit des pavés masquant l’ancien emplacement des arbres. Pourtant c’est bien sur la question de l’abattage des arbres et la fronde locale que cela avait soulevé que ce Quartier durable citoyen est né, et que des réunions prometteuses se sont tenues avec les responsables communaux concernés des législatures successives, suite à la présentation du Map-it
Map-it
Map-it [cartographiez-le] est une méthode à la fois ludique et rigoureuse de cartographie collaborative pour aider à réfléchir posément et à dialoguer sur des questions urbanistiques.
À la suite de promenades exploratoires, les ateliers Map-it proposent aux participants d’inscrire sur un fond de plan parcellaire et à l’aide d’une série d’icônes autocollantes les constats, les problèmes et les opportunités liés à la présence de l’eau dans les quartiers explorés. Pour en savoir plus.
et de la Coulée Verte et Bleue. L’état des trottoirs, qui mérite une réfection complète depuis bien une vingtaine d’années, ne cesse de se détériorer, bénéficiant au mieux, par-ci, par-là, d’une réparation locale de fortune, de temps en temps.
Ces deux dernières années, une partie des arbres restant en place a subi une taille sévère (après plusieurs dizaines d’années sans entretien aucun), qui a connu son paroxysme avenue Neptune au printemps 2025
Ces deux dernières années, une partie des arbres restant en place a subi une taille sévère (après plusieurs dizaines d’années sans entretien aucun), qui a connu son paroxysme avenue Neptune au printemps 2025, en dépit des quêtes des représentants de Neptune Quartier durable auprès des responsables communaux et des promesses répétées de ces derniers ; troncs et moignons de branches seulement ont persisté. Les riverains des immeubles à appartements voisins (qui paient, sans raison légitime, les impôts fonciers parmi les plus, sinon les plus chers de Belgique, dans ce quartier [2]) attendent avec curiosité circonspecte et patience douteuse (quand pas emplis de colère) la repousse vigoureuse, promise par les autorités communales, de ces robiniers faux acacias autrefois majestueux, qui leur procuraient verdure, oxygène, et ombre tamisée en été, et constituaient leur seul ou principal “jardin” proche dans ce quartier si onéreux.
Notre beau jardin sur Neptune
Le Jardin de Neptune, jardin collectif développé sur un terrain privé, à 500m de l’avenue Neptune (NB : le Quartier durable Neptune a évolué en asbl Neptune Quartier durable, pour établir une convention d’occupation avec le propriétaire du terrain), a, lui, bien persisté et s’est diversifié, grâce à l’enthousiasme et la bonne volonté d’habitant·e·s du quartier.
Il est même actuellement cité en exemple parmi les jardins collectifs ou partagés bruxellois, dont la pérennité n’est pas toujours évidente
Il est même actuellement cité en exemple parmi les jardins collectifs ou partagés bruxellois, dont la pérennité n’est pas toujours évidente. Deux de ses membres ont suivi une formation de maître maraîcher (ou guide potagiste) organisée par la Région Bruxelloise, améliorant la qualité de la coordination collective du jardin. Outre sa partie potagère en pleine terre, des bacs et des serres sont venus compléter son arsenal de cultures comestibles annuelles, qui sont régulièrement arrosées par de l’eau de pluie récoltée en citernes. Des rayons de plantes médicinales (et quelques tinctoriales et textiles) et mellifères y illustrent d’autres services de la biodiversité Biodiversité . Prochainement, une mare y sera creusée, tirant davantage encore parti de l’eau de pluie pour y accueillir une autre variété de biodiversité faunistique et floristique.
Et l’eau alors ? Neptune (dieu romain des eaux) avait proposé son aide pour éviter les inondations du bas de la vallée
Reconnaissant s’inspirer des projets du Map-it et de la Coulée Verte et Bleue, les autorités communales forestoises ont entrepris, depuis plusieurs années, la création de quelques beaux jardins d’orage [3], ainsi que de noues, dans le bas de la commune, en même temps qu’ils y renouvellent les voieries.
Neptune avait bien compris, avec ses acolytes (3) et dans une vision de “solidarité de versant”, que, pour réduire les inondations dans le bas de la vallée, il fallait notamment infiltrer l’eau vers les hauteurs, dans le sable bruxellien, qui couvre en particulier le Quartier durable au nom mythologique. Quelles que soient les motivations qui ont conduit à agir avant tout dans le bas de la vallée, une bonne étude hydrogéologique de la commune conduirait probablement à soutenir le constat de Neptune, et à trouver les moyens pour se mettre à agir sur l’eau dans les hauteurs, rénovant par la même occasion les voiries d’un quartier qui en a bien besoin.

