Le terrain appartenait au départ à la communauté Française qui l’a cédé à la région
pour un euro symbolique. Désormais propriété de la Région de Bruxelles-Capitale, il est menacé dès 2009 par un projet de la SFAR , bras armé des partenariats publics privés de la région, en vue
d’y construire du logement moyen et social. 99 appartements sont prévus. Un
recours auprès du Conseil d’état aura raison de ce projet immobilier. Qui reviendra
en 2023 dans une version 2.0, légèrement moins importante (59 logements,
exclusivement social).
Un collectif pour lutter contre la demande de permis d’urbanisme
Un collectif de riverains se formera alors spontanément pour lutter contre la
demande du nouveau permis d’urbanisme. La commune s’opposera au projet lors
de la commission de concertation. Un avis de Bruxelles environnement, délivré lors
de la première demande de classement du site sera favorable au classement du
bois. Enfin, dans le cadre de la demande de permis d’environnement, Bruxelles
environnement préconisera une étude du bois tout au long d’une année, au fil des
saisons, pour mieux analyser la faune et la flore et l’intérêt écosystémique du lieu.
Un plan de gestion écologique du site sera aussi demandé.
Cette inaccessibilité en fait un
refuge privilégié pour la vie sauvage et une zone tampon pour l’absorption des eaux
de pluie et de ruissellement.
Le Bois de Calevoet, repris comme site de haute valeur biologique sur le site de BE
est une zone d’autant plus essentielle à préserver, qu’à la différence de nombreux
autres terrains et friches urbaines, il n’est pas ouvert aux promeneurs et demeure
inviolé. La faune et la flore y sont préservées des incursions (hommes, chiens)
diverses. A ce titre, il est une exception en RBC. Cette inaccessibilité en fait un
refuge privilégié pour la vie sauvage et une zone tampon pour l’absorption des eaux
de pluie et de ruissellement.
Les riverains ont mis en ligne une pétition qui a recueilli plus de 5000 signatures.
Actuellement, deux recours auprès au Conseil d’état sont pendants. L’un porté par la
commune, l’autre par le collectif « Sauvons le Bois de Calevoet ».
La première ayant été déclarée caduque, une deuxième demande de classement du
site a été introduite auprès d’Urban.
Pourquoi un tel intérêt ?
Parce que la captation d’eau pluviale permet d’éviter les inondations, fréquentes
dans les rues adjacentes (chaussée de Saint-Job et de Drogenbos).
Pour que cette cathédrale verte continue d’émerveiller passants et riverains.
Pour que l’écosystème qu’il constitue, la faune et flore qu’il préserve (renards ;
chauves-souris ; oiseaux ; batraciens, insectes, vers de terre ; microorganismes du
sol ; arbres et taillis) contribuent ensemble à un cycle de régénération et constitue un
poumon vert pour les alentours.
Un espace de respiration, de paix et de beauté où la vie sauvage
peut s’épanouir.
Parce que les arbres à haute tige et la végétation plus basse offrent un îlot de fraîcheur que
rien ne peut remplacer. Cet espace contribue aussi au maillage et aux couloirs verts,
il est un relais entre la promenade verte et la réserve du Kinsendael-Kriekenput.
Parce que, comme tous les autres espaces verts de Bruxelles, il fait partie d’un
ensemble de lieux préservés qui permet à la nature d’être présente en ville et de se
glisser entre les interstices de l’urbanisation à tout crin.
Parce qu’il reste un espace de respiration, de paix et de beauté où la vie sauvage
peut s’épanouir.
Sylvie Bouchent
