La mutation d’un site pour Re-Faire réseau

Editorial mars 2026

C’est avec un plaisir non feint que par le présent éditorial nous vous présentons le nouveau site des EGEB… et de Brusseau. Il est le produit d’une cure de jouvence, ou plutôt faudrait-il dire d’une mutation. Bien sûr, comme le papillon et la chenille, l’ADN de l’être mutant avant ou après la métamorphose est bien le même. Mais vous admettrez que le nouveau site à plus l’air du papillon alors que l’ancien ressemblait plus à la chenille.

, par Egeb

Cet ADN, le code initial serait de cet ordre : « L’eau est un élément fondamental du vivant. Elle compose avec la terre, l’air et la lumière, le paysage de nos vallées. Donnons-lui plus de place dans une cité aux espaces et agir communs. Expérimentons son entrée en politique pour plus d’égalité sociale et environnementale, plus de droits à la ville et à l’eau.  » Voilà qui est très synthétique, mais qui va se décliner de nombreuses manières.

Trois colonnes à la Une

Déjà, la page d’accueil se présente très différemment. Trois colonnes à la une, pour une diversité des regards : les actualités des EGEB-Brusseau, cela ne souffre d’aucune discussion ; Le Réseau parle est une offre d’espace pour toute personne ou collectif voulant rendre compte de ses actions, questionnements, volonté d’échange, etc. ; un Agenda clair et visible ; enfin une colonne Au-delà, au-delà de nos actions, au-delà de la RBC, au-delà de l’eau. Et sans doute ce qui fera l’identité forte de cette page d’accueil, une Carte active par bassin versant Bassin versant Ensemble de l’espace géographique à l’intérieur duquel les eaux pluviales s’écoulent vers un même exutoire. La limite de cet espace est défini par les points les plus élevés (crêtes) qui déterminent la direction d’écoulement. L’exutoire est généralement un cours d’eau situé en fond de vallée, mais à Bruxelles, où de nombreux ruisseaux ont été enterrés, il est souvent remplacé par un collecteur d’égout. pour y pointer les actions des habitant·e·s de notre ville/ hydro-région, nous y reviendrons.

Il ne s’agit pas d’injonctions mais c’est autour d’invitations que ce construit notre approche : Agir (collectivement), (Co)chercher, Enquêter, Prendre position, S’outiller/s’informer et enfin, Faire réseau.

C’est autour de verbes à l’infinitif que s’organise le menu. Il ne s’agit pas d’injonctions mais d’invitations que ce construit notre approche : Agir (collectivement), (Co)chercher, Enquêter, Prendre position, S’outiller/s’informer et enfin, Faire réseau. Re-Faire réseau faudrait-il dire. A tout endroit, pour chacun de ces verbes, de ces agissements, il y a composition, assemblage et alliance où certains d’entre vous se retrouveront.

Inviter à faire réseau dans les bassins versants

Cela ne fait aucun doute, mais pour autant, il reste toujours très difficile de ne pas se retrouver ensilés dans des mondes qui peuvent se refermer. La force de l’eau, c’est que pour la garder vivante, il lui faut laisser rencontrer la diversité des choses qu’elle irrigue. L’eau est vivante quand elle donne vie. Elle est une sorte de commun dénominateur dont nous faisons le pari qu’elle peut nous décloisonner, nous donner des lignes de fuite nous empêchant de rester dans un quant à soi. L’eau se fait métaphore de nos vies, à moins que ce ne soit l’inverse, nos vies sont métaphores de l’eau. Mais cecin’est pas sans limites.

Nous prônons cette Solidarité de bassin versant comme une sorte d’entrée première du jeu des recompositions, même dans l’urbain.

Les espaces privilégiés de cette recomposition sont les bassins versants qui donnent une sorte de nouveau design visuel de notre hydro-région. Nous prônons cette Solidarité de bassin versant comme une sorte d’entrée première du jeu des recompositions, même dans l’urbain. Les limites géographiques des crêtes et les exutoires en forment un impératif plus tangible que les limites et frontières institutionnelles, administratives ou de parcelles, lieux de pouvoirs qui peuvent soit accaparer, soit recomposer. C’est à une inversion que nous souhaitons assister : comment chaque lieu contribue à composer de nouvelles trajectoires à l’eau et au paysage de nos manières de vivre par une compréhension du milieu, par le milieu. Faire réseau peut selon nous passer par une forme rendue visible de cartographies des actions des habitant·e·s et acteur·ice·s de cette ville.

Une offre de visibilité à ceux qui partagent l’ADN

Il ne s’agit pas d’être membre pour utiliser ce dispositif, il s’agit d’une offre de visibilité pour généraliser cet état des choses qui nous relient, quel que soit le collectif et pour autant qu’il y ait un ADN commun. C’est une invitation, afin de compléter très modestement un Atlas bruxellois important - nous pensons ici à celui de Bruxelles environnement - mais partant de lieux d’actions qui ne s’inscrivent a priori pas d’abord et uniquement dans l’institutionnel ou la technique, mais qui soit autant de manières d’ouvrir un nouvel imaginaire social et environnemental.

Chaque point représente un tel lieu auquel peuvent lui être associées des propositions d’échanges de savoir, des demandes de soutiens, de collaborations, ou tant de manières de faire réseau, c’est-à-dire humainement nous relier

Il s’agit de rendre la multiplicité des actions de nombre d’habitants de cette ville qui s’attachent à des lieux en les transformant, en en prenant soin, en luttant pour leur préservation, régénération ou simplement leur existence. Des lieux parfois petits, des jardins privés, à des lieux composites tels les Ilots d’eau ou même des quartiers en passant par toutes les solutions qui se fondent sur la nature. Autant de lieux où sont générées de nouvelles manières de cohabiter entre humains ou entre humains et non humains. Chaque point représente un tel lieu auquel peuvent lui être associées des propositions d’échanges de savoir, des demandes de soutiens, de collaborations, ou tant de’autresmanières de faire réseau, c’est-à-dire humainement nous relier. Voilà ce que nous entendons par re-faire réseau ou devenir bassin versant solidaire.

Une mue lente non encore terminée, à faire ensemble ?

Ce travail de cartographie et ce site n’ont pas encore complètement accompli leur mue. Il est bien des imperfections, mais nous souhaitions déployer nos ailespour nous présenter et annoncer notre existence aux Journées bruxelloises de l’eau. La mutation prendra encore des semaines. Il faut savoir, ,par exemple qu’il y a près de 600 articles dans ce site dont nombre sont hérités des tous débuts des EGEB, en 2010 - 11. Le nettoyage, la réorientation ou revitalisation de certains articles se fera petit à petit. Des catégories de rubriques n’ont pas encore trouvé une place claire, mais cela viendra, sans stress.

C’est avec joie que nous partageons cette plateforme de coproduction en ouvrant un espace conséquent à Brusseau.

En plus, nous héritons d’articles et du patrimoine de Brusseau. C’est avec joie que nous partageons cette plateforme de coproduction en ouvrant un espace conséquent à Brusseau. Il y a une mutation dans la mutation, le papillon prend plus de couleurs encore. Il se pare de celles de Brusseau lorsque l’on entre dans cet espace. Cela indique une différence d’identité dans une continuité de préoccupations. Brusseau offre des apports plus techniques, scientifiques, dans certains cas plus construits. Dans une ville à l’héritage moderne, on ne peut faire fi de ces dimensions. Brusseau renforce la dimension technique dans ses constructions d’outillage technico-socio-environnementaux, et c’est précieux.

Faire voler le papillon plus loin

Ceci étant dit, nous invitons d’ores et déjà nos lect·eur·rice·s et act·eur·rices à nous rejoindre le 25 avril 2026 où nous présenterons le site publiquement et où nous proposerons, entre autres, un atelier collectif de cartographie de nos et vos actions par bassin versant. Moment convivial aux accents quelque peu poétique, vous verrez. Puisse cette rencontre faire voler le papillon un peu plus loin !

Nous voulons ici explicitement remercier celles et ceux qui ont œuvré pour nous aider à la mutation de ce site : Elise Debouny qui propose le lay-out clair riche et la belle carte des bassins versants de la page d’accueil. Fred de Tactic qui a fait que ce nouveau lay-out soit fonctionnel et qui a permis de déployer nombre de nouveaux outils. Et enfin Pacôme Beru, Julie Vanderhaeghen et Atelier cartographique, qui nous suivent depuis longtemps et mettent à disposition leur outil cartofixer pour ce déploiement de nos actions par bassin versant. Merci à tous·tes pour leur patience et créativité !