Agir sur les pentes de la vallée du Maelbeek

Chronique #6 - Premier rapport d’enquête pour une offre de débat public et d’aventure commune

Le titre complet est : Agir sur les pentes de la vallée. Pour une solidarité dans le bassin versant Bassin versant Ensemble de l’espace géographique à l’intérieur duquel les eaux pluviales s’écoulent vers un même exutoire. La limite de cet espace est défini par les points les plus élevés (crêtes) qui déterminent la direction d’écoulement. L’exutoire est généralement un cours d’eau situé en fond de vallée, mais à Bruxelles, où de nombreux ruisseaux ont été enterrés, il est souvent remplacé par un collecteur d’égout. dans le Maelbeek. Une offre d’aventure commune et de débat 24 ans après la première Assemblée des gens du Maelbeek !

Cet article présente un dossier qui peut être vu comme un premier gros "rapport d’enquête" qui reprend nombre d’informations précédentes et les synthétise en un seul document qui sera présenté aux pouvoirs publics à différents niveaux.

Coordonné par les EGEB, il est le produits de nombreux partenaires universitaires ou de la société civile et soutenu par la recherche-action Fairville, avec la participation des étudiant·e·s du Master GEDELO de l’Université de Nanterre et du CNRS (France), de HYDR (VUB), d’Arkipel, du Centre de recherche LoUIsE (ULB) et de nombreux habitant·e·s de la vallée

L’introduction à ce dossier est reprise ci-dessous et rappelle de manière synthétique nombre de rétro-actes de notre enquête de long terme. Le dossier complet est téléchargeable.

Introduction au rapport d’enquête

Depuis 2021 des inondations sont attestées rue Gray et ce malgré la construction du bassin d’orage de la place Flagey. Depuis cette époque, face au désarroi de certains habitant·e·s qui se sentent isolé·e·s face à la problématique, un consortium d’associations - Délier les fils de l’eau1 - a décidé de venir en soutien aux habitant·e·s.

Grâce à une courte enquête auprès des habitant·e·s menée par ce consortium d’associations, il a pu être montré que les inondations étaient d’ordres multiples : ruissellements, remontées de nappe et surtout, le plus difficilement acceptés, retours d’égouts.

C’est au tout début de 2023 que, Délier le fil de l’eau avec des habitant·e·s de la rue et alentours2 et d’autres acteurs - VUB, ULB - ont décidé d’un commun accord d’envoyer un courrier aux Opérateurs3 de l’eau pour proposer l’élaboration d’un co-diagnostic, notamment par l’usage d’un outil inspiré de FloodCitiSense4 (FCS).

Plus récemment grâce à l’élaboration d’un outil en ligne de recueil de témoignages et de données Délier les fils de l’eau, il a pu être montré comment ces inondations ont affecté les maisons des habitant·e·s à quatre reprises durant l’été 2024, provoquant des dommages importants chez certain·e·s habitant·e·s.

Si une part des solutions aux problèmes des habitant·e·s vivant ces inondations est d’ordre technique, dans une meilleure compréhension de ce qui se joue au niveau des collecteurs, du bassin d’orage et dans le raccordement aux maisons - dossier qui sur ce point n’a toujours pas avancé et pour lequel nous reviendrons - une autre part de la solution est d’ordre urbanistique, spatiale.

C’est ainsi que le présent dossier va s’appuyer sur les travaux d’un groupe de travail que l’on a qualifié de “spatial” fondant son action sur le concept de Bassin versant Bassin versant Ensemble de l’espace géographique à l’intérieur duquel les eaux pluviales s’écoulent vers un même exutoire. La limite de cet espace est défini par les points les plus élevés (crêtes) qui déterminent la direction d’écoulement. L’exutoire est généralement un cours d’eau situé en fond de vallée, mais à Bruxelles, où de nombreux ruisseaux ont été enterrés, il est souvent remplacé par un collecteur d’égout. solidaire5 qui suppose aussi que celles et ceux qui ne sont pas inondé·e·s puissent s’intéresser au sort de celles et ceux qui le sont, mais aussi in fine à exercer leur droit à définir leur environnement, tous ensemble.

C’est collectivement, entre acteurs du haut et du bas de la vallée - acteurs privés ou publics - que des solutions de basse intensité technique, fondées sur la nature et appropriables par le plus grand nombre peuvent être trouvées. Ces solutions supposent des principes simples tels que l’infiltration Infiltration Représente la quantité d’eau pluviale qui percole par gravité dans un sol, naturel ou non. La capacité d’infiltration d’un sol, ou perméabilité, dépend de sa nature (porosité, composition) et de sa teneur originelle en eau. Ainsi, une surface bitumée sera qualifiée d’imperméable (infiltration faible) tandis qu’un sol sableux sera qualifié de très perméable (infiltration importante). de l’eau de pluie, son évaporation / évapotranspiration par les plantes, le ralentissement de son ruissellement, sa récupération/réutilisation qui, lors des grosses pluies, sans ces nouvelles trajectoires vont inonder le bas de la vallée. Cette approche est en partie déjà connue à Ixelles, vu l’apport des EGEB au Plan Climat/Eau d’Ixelles.

Dans le quartier autour de la rue Gray, c’est avec le soutien du projet de recherche Fairville que va se concrétiser la réflexion sur les pentes de la vallée. Ce projet de recherche pour laquelle la commune d’Ixelles s’est inscrite comme partenaire associé a pour objectif d’expérimenter des formes de co-production d’initiative citoyenne pour plus de démocratie et d’égalité et notamment dans des situations de risques (telles que le sont les inondations). Le choix de ce terrain d’action à Bruxelles avec les inondations de la rue Gray répond aux critères d’inégalité et de faiblesse démocratiques que l’expérimentation requiert.

L’inégalité socio-spatiale est le fait que ce sont bien souvent les personnes qui vivent dans une certaine forme de précarité qui sont également sujettes aux inondations et qui en souffrent le plus.

Certes, toutes les personnes vivant dans ce fond de vallée ne vivent pas dans les mêmes conditions de précarité, mais certaines sont aussi en voie de précarisation du fait de ces inondations. Par ailleurs, le manque de réponse publique au problème que vivent ces personnes pose de réelles questions de démocratie. C’est toute une catégorie de personnes dont la voix n’est pas entendue et ce depuis plusieurs années. A l’heure de l’écriture de ce dossier, les choses changent quelque peu… à suivre.

L’action sur les pentes de la vallée sera multiple. Il s’agit d’abord de comprendre ce qui fait la recrudescence des inondations : le dérèglement climatique y est pour quelque chose, mais aussi l’imperméabilisation des sols et la densification de la ville. On appellera cela le co-diagnostic qui n’est pas chose si aisée à appréhender, il est multiple du plus technique, au plus social et environnemental…

Ensuite, dans le registre d’une recherche de solutions que l’on appelle aujourd’hui dans un langage technique Gestion intégrée de l’eau de pluie Gestion intégrée de l'eau de pluie (GIEP) et basées sur la nature. La particularité de cette approche étant qu’elle est directement compréhensible et appréhendable par les habitant·e·s concerné·e·s qui habitent sur les pentes de la vallée en question.

Nous initierons avec les EGEB une cartographie collective impliquant les habitant·e·s, afin de repérer les points négatifs et surtout dans une dynamique générative, les potentiels de transformations en termes de dispositifs GIEP basés sur la nature, de désimperméabilisation des sols avec la méthodologie Map-it Map-it Map-it [cartographiez-le] est une méthode à la fois ludique et rigoureuse de cartographie collaborative pour aider à réfléchir posément et à dialoguer sur des questions urbanistiques.
À la suite de promenades exploratoires, les ateliers Map-it proposent aux participants d’inscrire sur un fond de plan parcellaire et à l’aide d’une série d’icônes autocollantes les constats, les problèmes et les opportunités liés à la présence de l’eau dans les quartiers explorés. Pour en savoir plus.
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Enfin, Fairville a activé son réseau pour mener une réflexion commune, en invitant les étudiant·e·s GEDELO de l’Université de Nanterre (au nombre de 14 plus leur professeure, Marie-Anne Germaine) à produire une enquête sur les pentes de la vallée. Quel est la connaissance des habitant·e·s de la vallée des inondations rue Gray et alentours ? Existe-t-il une sensibilité par rapport à une gestion de l’eau en amont, sur les pentes du bassin versant ? Ces étudiant·e·s, contribueront et participeront à l’exercice de cartographie collective et auront un apport intéressant sur ce qu’il proposent comme lieux d’action prioritaires en fonction d’une grille d’analyse intéressante.

Le présent document est destiné aux personnes concernées. Du citoyen aux politiques en passant par la société civile, les chercheurs et les administrations. Il est une offre de débat public (ODP) avec tout acteur le souhaitant.

Table des matières de ce rapport

1 - Introduction

2 - Les inondations rue Gray, état des lieux social et hydrologique
2.1 L’enquête technique et hydrologique menée en collaboration avec la VUB/Hydr
2.2 Analyse sociale du quartier et de l’impact des inondations

3 - La tendance climatique dans nos régions et à Ixelles en particulier

4 - La répercussion locale du changement climatique
4.1 Hydrologie Hydrologie Science se référant au cycle de l’eau sur Terre, c’est-à-dire aux échanges et aux flux entre l’atmosphère, la surface terrestre et son sous-sol. et inondations
4.2 Les caractéristiques de cet espace territorial
4.3 Îlots de chaleur, carences en espaces verts…

5 - L’enquête des étudiant·e·s sur la sensibilité des publics à la question de l’eau dans la vallée

6 - La Gestion intégrée de l’eau de pluie (GIEP) et les solutions basées sur la nature (NBS)

7 - La cartographie Map-it sur les pentes de la vallée à proximité de la rue Gray
7.1 Le Map-it, sensibilise le public et fait émerger des idées pour une potentielle demande commune Demande commune
7.2 La production de la cartographie Map-it de la GIEP (des solutions basées sur la nature)
7.3 Les voiries à traiter prioritairement, proposition
7.4 Les Propriété privées et les intérieurs d’îlots (Îlots d’eau)

8 - “Prendre soin” pour habiter la vallée, la GIEP co-créative et paysagère comme - Offre d’aventure commune

9 - Les limites de la GIEP

9.1 Vers une étude hydrologique dans le fond de la vallée
9.2 Quelle adaptabilité pour les habitant·e·s du fond de la vallée ? Vivre sur une éponge imbibée ?
9.3 Et si on repensait à l’exutoire Exutoire Issue par laquelle un ensemble d’eaux est évacué, s’écoulant le plus souvent par gravité. Dans un bassin versant, il est généralement représenté par un cours d’eau ou un collecteur en fond de vallée.  ? Recréer un ruisseau ?
9.4 La crainte de la gentrification et l’exacerbation des inégalités spatiales
9.5 Un moratoire sur la densification dans la rue Gray et sur les pentes de la vallée ?
9.6 Les vides du logement face au vide de l’espace

10 - Vers une appropriation collective des risque dans une vision prospective

11 - S’appuyer sur un cadre réglementaire et appuyer (coconstruire ?) ce cadre réglementaire

12 - Conclusions (fort provisoires) - Après 24 ans une Offre de débat public