La ville éponge… Drôle de concept ! Très explicite et en même temps assez flou. Qu’entend-on par là ? À quoi sert ce concept de plus en plus en vogue ? Ne possède-t-il que des avantages ?

Je suis étudiante en Écologie Sociale à la Haute École Libre de Bruxelles Ilya Prigogine et je fais mon stage de troisième année avec les EGEB. Dans le cadre de ce stage, j’ai découvert ce concept de ville éponge et j’ai été confrontée à un cas où celui-ci pourrait accentuer des inégalités sociales. J’ai alors décidé d’en faire une réflexion plus approfondie pour mon TFE.

Je mène donc l’enquête à ce sujet, en voici un premier argumentaire. D’ailleurs au fil de mes recherches et discussions sur la thématique, j’ai comme eu l’impression que le terme pouvait parfois être confus. Puis je e suis rendu compte que cela ne concernait pas seulement la rue Gray, mais de nombreuses autres situations à Bruxelles, par exemple, comme celle du Bempt à Forest.

A ce stade, il me semble donc utile d’en faire une discussion. Je propose que nous en fassions une “table ronde” ouverte au public, et de réunir des personnes concernées et renseignées sur le sujet. Il serait alors l’occasion de réfléchir ensemble sur ce concept ambigu né en Chine et qui semblerait avoir des limites.

Je vous invite à me rejoindre le 25 mars de 18h à 20h à Maxima pour en parler. Après une courte présentation du concept, des quelques éléments de l’enquête et de difficultés que je vois, je demanderai à diverses témoins ou personnes qui ont réfléchi sur le sujet de lancer la discussion pour permettre de mieux comprendre les contours de la problématique.

Avec la participation de :
- Françoise Debatty, habitant de Forest (Stop Inondations - Saint-Denis)
- Anne-Claire Dewez (Bruxelles Environnement)
- Patrick Panneels, écologue (Ecotechnic),

La discussion sera ensuite ouverte à bien d’autres témoins et à toutes et tous. Toutes réflexions et témoignages seront les bienvenus. Il ne s’agit pas d’avoir une vision définitive, mais d’avancer sur une meilleure compréhension collective de ce concept, avec ses avantages et limites.

Ce moment d’imagination et de réflexion convivial se déroulera autour d’un verre où nous vous proposerons de quoi grignoter :-)

Emma Bellini,
Étudiante en Écologie Sociale et Stagiaire aux EGEB

Maxima
144 rue du Monténégro
1190 Forest

Y a-t-il un paradoxe de la ville éponge ? Le cas de la rue Gray

, par Dominique Nalpas, Emma Bellini

Les politiques publiques en matière de gestion de l’eau prônent ce que l’on appelle la Gestion intégrée de l’eau pluviale (GIEP), une approche à laquelle nous adhérons d’une manière générale. Celle-ci insiste sur la déconnexion des eaux pluviales de l’égout, afin d’éviter la saturation de ces derniers pouvant provoquer des inondations et d’autres nuisances. Il s’agit au contraire d’infiltrer l’eau de pluie à la parcelle, ce qui permet de favoriser le cycle de l’eau et d’autres bienfaits. Le concept de ville éponge est évoqué à cet égard. Mais il peut arriver que des circonstances rendent plus problématiques qu’imaginé cette approche de principe.

Depuis de nombreux mois, les EGEB, dans le cadre de la plateforme Délier les fils de l’eau, accompagnent des habitant·e·s de la rue Gray - c’est-à-dire vivant au fond de la vallée du Maelbeek - face à une situation qui pourrait être emblématique en la matière. Nombre d’entre eux subissent des inondations de caves de plusieurs ordres.

D’une part, il y a les retours d’égouts qui, lors de certaines pluies d’une certaine intensité inondent les caves. Certes, il y a un bassin d’orage en amont, place Flagey, qui a déjà réduit fortement les inondations de très grande intensité, mais quoi qu’il en soit, une manière d’aider à la situation est de pratiquer en amont cette fameuse GIEP pour réduire cette saturation d’égouts. C’est ainsi que les EGEB, par exemple, dans la cadre du Plan climat de la commune d’Ixelles, ont été soutenus par cette dernière pour accompagner des habitant·e·s de certains quartiers situés en amont de la rue Gray afin de déconnecter les eaux de pluie. Ce choix avait été fait avec l’ “aval” de l’administration communale et de l’autorité publique, en respectant le Plan de gestion de l’eau (PGE) .

Mais, d’autre part, il y a au fond de la vallée du Maelbeek, rue Gray, d’autres types d’“inondations” de caves qui ne sont pas dues à des retours d’égout mais à des infiltrations d’eaux de la nappe phréatique. Et cette situation semble empirer ces derniers temps. Certes, ce n’est pas dû aux actions du plan climat ixellois, qui ne peut pas encore avoir d’effets réels sur les hauteurs de nappe, mais sans doute à des effets climatiques plus ou moins circonstanciels (réchauffement climatique ?), au fait que nous soyons en fond de vallée (historiquement marécageux) et que plus que probablement, il y a un manque de drainage des eaux et d’exutoire. Et c’est ici que cela soulève ce paradoxe. A vouloir infiltrer beaucoup,dans une approche GIEP - attention, nous sommes fondamentalement d’accord avec cette approche -, ne risquerait-on pas de renforcer les nuisance dans ce fond de vallée où l’éponge serait comme placée dans une baignoire sans possibilité de vidange... La métaphore aurait donc ses limites.

D’une manière générale, comment résoudre un tel paradoxe dans ce type de cas où pour réduire les inondations d’eaux brunes on renforcerait les inondations d’eaux claires. Si l’idée est de continuer d’infiltrer en termes de GIEP dans le sous-bassin versant, ne faudrait-il pas dès lors commencer à créer les conditions de création d’un exutoire/drainage, dans une pensée/vision de long terme ?

Ou d’autres solutions ? Certains parlent de construire sur pilotis, par exemple. Mais est ce bien raisonnable ? Menons l’enquête.

Et puis venez participer au au débat / table ronde ouverte que j’organise le 25 mars à Maxima.

Emma Bellini
avec le soutien des EGEB

Type: evenement
Composition: evenement
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