Le Bassin d’orage de Ten Reuken à l’enquête publique

, par Dominique Nalpas

Nous avons été interpellés par des habitants de Boitsfort et Auderghem nous demandant ce que nous pensions de l’idée de construire un bassin d’orage dans cette zone. Nous avons dès lors remis un avis et participons à la Commission de concertation du 16 novembre. Voici une conclusion de l’avis que nous avons remis et défendu avec Brusseau.

La solution du bassin d’orage (BO) est une solution qui peut avoir son efficacité sur la réduction des inondations et certaines pollutions des exutoires naturels. Cependant, c’est une solution qui ne fait qu’élargir le réseau d’égouttage et ne modifie pas les causes profondes des inondations et de ces pollutions (imperméabilisation des sols, tout à l’égout et réchauffement climatique). Dans une telle perspective, l’eau de pluie mélangée aux égouts reste un élément jetable et n’est donc pas considérée comme une ressource et encore moins comme élément dont le cycle est porteur de vie.

Notre objectif n’est pas seulement environnemental, il est aussi social. Il ne s’agit pas d’abandonner les personnes inondées plus bas dans la vallée. Notre proposition met en œuvre ce qu’aux Egeb nous appelons une solidarité de bassin versant, qui tienne compte des difficultés que vivent les personnes souffrant des inondations.

La Région Bruxelles-Capitale se lance dans la transition vers une Gestion Intégrée de l’Eau de Pluie (GIEP) en ouvrant la piste de solutions basées sur la nature, une gestion dite aussi "à la source" aux techniques de basse intensité et décentralisées. Mais avec Brusseau bis, nous sommes en train de repenser les modes de calcul pour le dimensionnement des ouvrages de gestion de l’eau de pluie, de sorte que ce qui est calculé n’est pas le temps présent du ruissellement (ici 2011), mais le temps futur de la gestion intégrée de l’eau dans le paysage urbain prenant en compte les réalisations de GIEP à venir (disons ici à l’orée de 2030 - moment de construction envisagé du BO). Or on peut mener beaucoup d’action en termes de GIEP sur base de solutions techniques de basse intensité. Dans cet ordre d’idée, nous menons une expérimentation sur ce que nous appelons la "carte des opportunités" : tout renouvellement de voirie, de parc, de place, de construction, etc. est une opportunité pour mener des projets vertueux en terme de gestion de l’eau de pluie. Nombre de projets sont en cours et devraient intégrer cette nouvelle forme de gestion. Il serait opportun de mener une telle cartographie en amont de Ten Reuken avec les parties prenantes. Enfin pour appuyer tout cela, un RRU est en cours de révision. Les questions de l’eau y auront une place importante.

Donner un permis d’urbanisme à ce BO va selon nous à l’encontre de la phase de transition dans laquelle nous sommes. Nous ne disons pas qu’il ne faut pas de BO, nous disons qu’il en faut si, en toute connaissance de cause et sur la base d’une étude bien menée de GIEP, il apparaît qu’il n’y a pas d’autres choix pour la réduction des inondations. Nous pensons qu’ici, dans cette zone ouverte, avec un bassin versant aux multiples potentiels de GIEP et avec un potentiel de solidarité aussi (entre communes par exemple), ce serait une erreur de donner un permis à un projet qui est né il y a bien longtemps sur des bases (de calcul notamment) que l’on peut juger aujourd’hui comme dépassées.

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