Ainsi que nous l"indiquions dans un éditorial en novembre 2022, comme à son habitude et ce depuis de nombreuses années, les EGEB émettent leur avis aux différentes phases de l’élaboration du PGE (voir l’ensemble de la rubrique dans laquelle se trouve cet article). Mais depuis quelques années, vu la complexité toujours plus grande de ces plans de gestion de l’eau, nous tentons d’échanger nos savoirs, voire d’élaborer des savoirs communs en invitant nombre de personnes aux compétences différentes pour pouvoir analyser ces plans. C’est dire si nous prenons la chose au sérieux.
Discussions collective et échanges de savoirs
Et comme précédemment, en partenariat avec IEB, nous avons invité nombre de personnes venant de milieux très différents : agro-ingénierie, économie, architecture /paysage, droit, activisme, habitant·e·s, etc. [1].
C’est ainsi que nous avons décidé lors d’une soirée qui a eu lieu le 14 octobre 2025 au DK - certes tardivement par rapport au processus proposé -, de commenter le texte en prenant appui sur les six questions importantes (voir plus bas). L’objectif de cette soirée était de nous nourrir de nos savoirs respectifs afin de soumettre nos avis, voire d’élaborer un avis commun aux associations et collectifs mus par ces problématiques, sans obligations toutefois. Ce sera aussi une manière de mieux nous connaître les uns les autres dans nos pratiques. Ces échanges de savoirs et apports d’informations, etc., ne s’inscrivaient pas dans une perspective d’exhaustivité - ce que nous ne savons pas, nous ne le savons pas ! Mais surtout nous ne nous donnons pas non plus l’obligation de nous mettre d’accord sur tout. Il s’agit donc essentiellement d’une mise à disposition des savoirs des uns et des autres, les plus étayés possibles. Il était demandé que chacun·e·s des participant·e·s ait lu le texte des questions. Enfin, cet exercice pourrait se présenter comme les prémisses d’une action plus importante que nous ferions quand se présentera le futur PGE... A suivre.
Voici les questions importantes posées par les Opérateurs de l’eau
1) COMMENT APPORTER UNE RÉPONSE CIBLÉE À LA PROBLÉMATIQUE DES SUBSTANCES ÉMERGENTES ET PRÉOCCUPANTES POUR L’ENVIRONNEMENT AQUATIQUE ET LA SANTÉ HUMAINE, À COMMENCER PAR LES PFAS, AFIN DE GARANTIR LA BONNE QUALITÉ DES EAUX DE SURFACE, DES EAUX SOUTERRAINES ET DE L’EAU POTABLE ?
2) COMMENT ASSURER LA MISE EN ŒUVRE OPTIMALE DE LA NOUVELLE DIRECTIVE RELATIVE AU TRAITEMENT DES EAUX RÉSIDUAIRES URBAINES, DANS TOUTES SES COMPOSANTES ?
3) COMMENT ASSURER L’EFFICIENCE DU SECTEUR DE L’EAU ET LE PÉRENNISER AU TRAVERS D’UN FINANCEMENT ADÉQUAT ?
4) COMMENT GARANTIR LA SÉCURITÉ D’APPROVISIONNEMENT EN EAU POTABLE DE LA RÉGION DE BRUXELLES- CAPITALE SUR LE LONG TERME ?
5) COMMENT SOUTENIR ET ACCOMPAGNER AU MIEUX LES MESURES D’ATTÉNUATION ET D’ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES ?
6) COMMENT PÉRENNISER ET RENFORCER LES MESURES POUR LUTTER CONTRE LA VULNÉRABILITÉ HYDRIQUE ET ASSURER L’ACCÈS À L’EAU POUR TOUS DANS L’ESPACE PUBLIC ?
Notre avis en substance : le PGE ne doit pas seulement être l’objet d’une simple consultation
La soirée accompagnée d’une belle soupe a montré une réelle intelligence collective. Chacun s’est prêté au jeu et la quantité d’information échangée a été importante.
Vous trouverez l’Avis des EGEB qui résulte de ces discussions, mâtiné de notre approche propre qui indique dès l’introduction que “la gestion de l’eau, du paysage et de tant d’éléments liés, n’est pas seulement une question d’objets techniques, juridiques, financiers, mais aussi une problématique sociétale et de “mise en relations”, pour un regard nouveau sur notre environnement écologique et social dans un monde en proie à de multiples crises, voire de catastrophes potentielles. (...)
Nous proposons donc que le prochain PGE ne soit pas une simple consultation, mais une mise à plat des savoirs et des contradictions inhérentes à toutes sociétés complexes, un vaste chantier de mise en relations et de discussions/controverses/dialogues face à la multiplicité des contradictions sociétales.” et nous ajoutons : “Vous comprendrez alors aussi que pour nous, il ne s’agit pas de disqualifier les services publics, mais de proposer à ces derniers d’intégrer une multiplicité d’acteurs dans une époque ou personne, même pas le plus puissant d’entre nous, ne peut comprendre la complexité du temps des catastrophes. Ces catastrophes n’appartiennent pas à l’institution publique, mais à tous et toutes, elles nous sont communes, même si vécues de manière très inégales. Les modalités de cette intégration collective doivent être pensées, mais nous pensons que le futur PGE doit être élaboré conformément aux politiques intégratrices pour lesquelles nous plaidons :
une transversalité plus grande ;
plus de co-production (co-création, co-gestion, etc.) (voir aussi à cet égard notre éditorial de mars 2025) ;
des réseaux solides à la fois d’alliance et de contradiction (afin de mener des débats approfondis) ;
un soutien plus grand aux réseaux associatifs bruxellois pouvant soutenir l’action et d‘intelligence collective avec des publics diversifiés ;
des expérimentations plus ouvertes (la recherche semble être placée elle-même dans un silo) ;
plus de transparence des politiques publiques ;
un travail sur la compréhension des communs négatifs nous en parlons dans notre éditorial de décembre 2025) ;
un travail prospectif collectif face aux risques, nous en reparlerons dans de prochains articles ;
etc.”
L’avis des EGEB au Pré-projet de Plan de gestion de l’eau 2028-2033
Et voici l’avis d’IEB, dont on verra les accents de proximités - et pour cause -, mais aussi des différences
Et celui émi au nom de l’Alliance des Marais de Biestebroeck et Fée·e·s du Marais Wiels
